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Les six grands lacs du Morvan, six ambiances entre nautisme et nature sauvage

Camille Rousseau 7 min de lecture
Grand lac du Morvan : nature sauvage et nautisme

L’expression grand lac du Morvan désigne un ensemble de six retenues artificielles qui dessinent les paysages du massif : les Settons, Pannecière, Chaumeçon, Saint-Agnan, le Crescent et Chamboux. Elles n’offrent pas la même expérience. L’une invite aux sports nautiques, une autre à la contemplation, à la pêche ou à une randonnée loin des secteurs les plus fréquentés. Leur point commun tient à leur histoire hydraulique, aujourd’hui associée à la découverte de la nature.

Les six grands lacs du Morvan en un coup d’œil

Créés entre le XIXe et le XXe siècle, les six lacs sont nés de la construction d’un barrage. Ils ont répondu à des usages différents : flottage du bois, alimentation en eau, régulation des cours d’eau, production hydroélectrique ou loisirs de pleine nature. Le lac de Pannecière est le plus vaste, tandis que le lac des Settons est généralement le plus animé.

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Lac Cours d’eau Superficie Capacité Ambiance dominante
Lac de Pannecière Yonne 520 hectares 82,5 millions de m³ Grandiose et forestière
Lac des Settons Cure 367 hectares 19,5 millions de m³ Animée et nautique
Lac du Crescent Cure et Chalaux 165 hectares 14,25 millions de m³ Sauvage et encaissée
Lac de Saint-Agnan Cousin 140 hectares Non précisée Dépaysante et paisible
Lac de Chaumeçon Chalaux 135 hectares 19 millions de m³ Sportive et apaisante
Lac de Chamboux Ternin 75 hectares 3,6 millions de m³ Discrète et intimiste

Ces lacs se répartissent entre la Nièvre, l’Yonne et la Côte-d’Or, au sein ou à proximité du Parc naturel régional du Morvan. Cette diversité permet de composer un séjour selon ses envies : une journée active autour des Settons, une balade contemplative au Crescent, puis une halte plus confidentielle à Chamboux.

Deux lacs majeurs : Pannecière pour l’ampleur, les Settons pour les loisirs

Le lac de Pannecière, le plus grand lac du Morvan

Avec ses 520 hectares et une capacité de 82,5 millions de m³, Pannecière domine largement les autres grands lacs du Morvan. Construit entre 1937 et 1949, il se trouve à environ 320 mètres d’altitude. Son barrage, haut de 49 mètres et long de 352 mètres, est une structure multivoutes portée par 12 contreforts. Ses proportions impressionnent, tout comme les bras d’eau qui s’enfoncent dans les reliefs boisés.

Le lac joue aussi un rôle hydraulique. Il stocke l’eau de novembre à juin, puis la restitue de juillet à octobre, participant à la régulation des eaux du bassin de la Seine. Son niveau atteint habituellement son maximum à la fin juin et son minimum à la fin octobre. Une centrale hydroélectrique, mise en service en 1950, complète ce dispositif. En aval, un barrage de compensation de 220 mètres, composé de 33 voûtes minces, accompagne l’aménagement.

Le lac des Settons, le plus vivant

Construit sur la Cure entre 1854 et 1858, le lac des Settons couvre 367 hectares. Sa première fonction était liée au flottage du bois : l’eau retenue servait à entraîner les bûches vers l’aval. Cet usage a cessé en 1924. Le lac a ensuite conservé un lien étroit avec l’eau et les activités extérieures.

Aujourd’hui, les Settons s’adressent naturellement aux visiteurs qui recherchent une atmosphère de base de loisirs. Les sports nautiques, la pêche, les balades sur les rives et les moments en famille y trouvent facilement leur place. Cette fréquentation ne fait pas disparaître le caractère forestier du site. En s’éloignant des abords les plus animés, on retrouve un paysage de forêt et de moyenne montagne, particulièrement agréable pour marcher ou faire une pause au bord de l’eau.

Quatre lacs pour changer d’ambiance sans quitter le Morvan

Chaumeçon et Saint-Agnan : eau vive ou tranquillité

Le lac de Chaumeçon a été créé sur le Chalaux entre 1933 et 1935. Ses 135 hectares et sa capacité de 19 millions de m³ en font une retenue importante. Il associe une image sportive à une atmosphère paisible. Le site convient aux visiteurs attirés par les activités de plein air, mais aussi à ceux qui apprécient les rives boisées et les panoramas peu urbanisés.

Inauguré en 1969 sur le Cousin, le lac de Saint-Agnan s’étend sur 140 hectares. Il participe à l’approvisionnement en eau d’environ 28 communes. Son décor mêle prairies, forêts et rives ouvertes, avec une impression d’espace apaisé. C’est un choix adapté pour ralentir, marcher et observer les variations de lumière sur l’eau, plutôt que pour rechercher une animation permanente.

Le Crescent et Chamboux : les options les plus sauvages

Construit entre 1929 et 1932, le lac du Crescent reçoit les eaux de la Cure et du Chalaux. Avec 165 hectares et 14,25 millions de m³ de capacité, il présente des rives plus encaissées et un caractère forestier marqué. Ses bras étroits, ses pentes boisées et son sentiment d’éloignement en font un lieu adapté à une promenade silencieuse, à la pêche ou à la photographie de paysage.

Construit en 1984 sur le Ternin, le lac de Chamboux est le plus petit des six, avec 75 hectares. Sa retenue de 3,6 millions de m³ n’enlève rien à son intérêt. Son format resserré rapproche les visiteurs des berges, des sous-bois et des prairies alentour. Il conviendra à ceux qui souhaitent éviter les sites les plus connus et privilégier une halte contemplative.

Pour observer réellement un lac, regardez la forme de ses rives. Lorsqu’elles se replient en anses, en petites baies ou en bras secondaires, le vent s’atténue souvent et les perspectives changent à chaque détour. Ces reliefs orientent aussi le rythme de la visite. Une rive ouverte appelle le grand panorama, tandis qu’une anse boisée invite davantage à la pause, à l’écoute des oiseaux et à une marche lente au bord de l’eau.

Pourquoi ces lacs artificiels sont-ils si importants ?

Les grands lacs du Morvan ne sont pas des lacs naturels : ce sont des lacs-réservoirs. Leur création répondait à des besoins précis. Aux Settons, l’eau était retenue pour le stockage et le transport des bûches. À Pannecière, elle sert à la régulation hydraulique et à la production d’électricité. Saint-Agnan participe à l’alimentation en eau de communes voisines.

Cette histoire explique la présence de barrages, de digues et les variations saisonnières du niveau d’eau. Le paysage évolue donc selon la gestion de la retenue. À Pannecière, une vidange complète est réalisée environ tous les 10 ans ; la dernière mentionnée a eu lieu en 2012. Avant une visite, il faut considérer le lac comme un espace géré, dont les contours peuvent changer selon les périodes et les besoins hydrauliques.

Quel lac du Morvan choisir selon votre envie ?

  • Pour les sports nautiques et une ambiance vivante : choisissez le lac des Settons, le plus tourné vers les loisirs autour de l’eau.
  • Pour voir le plus grand lac du Morvan : dirigez-vous vers Pannecière, remarquable par sa superficie, son barrage et ses vastes horizons.
  • Pour une randonnée dans un décor sauvage : le Crescent offre des rives boisées et une sensation d’isolement marquée.
  • Pour un séjour calme au plus près des paysages : Saint-Agnan et Chamboux sont des options adaptées.
  • Pour associer nature, eau et activité physique : Chaumeçon offre un équilibre entre activités de plein air et ambiance reposante.

La baignade, la pêche, la navigation et les activités nautiques dépendent des zones aménagées, de la saison et de la réglementation en vigueur. Avant de prévoir une activité sur l’eau, vérifiez localement les conditions d’accès, les autorisations et les équipements disponibles.

Visiter les six grands lacs du Morvan ne revient pas à cocher six noms sur une carte. C’est aussi comprendre comment un territoire de forêts et de reliefs a organisé son eau, puis transformé cet héritage technique en destination de nature. Du vaste miroir de Pannecière aux berges confidentielles de Chamboux, chaque retenue propose une manière différente de découvrir le Morvan.

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